Énergie | Pour que l’été 2027 ne ressemble pas à celui de 2026 !

Par Rédaction Flash Radio | | Catégorie : Économie

Énergie | Pour que l’été 2027 ne ressemble pas à celui de 2026 !
Énergie | Pour que l’été 2027 ne ressemble pas à celui de 2026 !

L’été 2026 restera sans doute comme un moment particulièrement difficile pour le système énergétique tunisien. Les coupures et les délestages qui ont affecté les citoyens, les entreprises et les servi...

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L’été 2026 restera sans doute comme un moment particulièrement difficile pour le système énergétique tunisien. Les coupures et les délestages qui ont affecté les citoyens, les entreprises et les services publics ont rappelé, avec brutalité , le déficit énergétique croissant dont souffre le pays depuis une vingtaine d’années.

Les faits et développements récents

Nul ne souhaite revivre ce qui s’est passé, tant la sécurité énergétique constitue aujourd’hui une question de souveraineté nationale et l’un des fondements de la stabilité économique et sociale . Mais derrière cette épreuve, une autre réalité mérite d’être saluée avec force : la mobilisation spontanée et désintéressée de 22 ingénieurs et experts de l’ Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT) , qui ont choisi de mettre leur expérience, leurs compétences et leur disponibilité au service du pays. Taoufik H alila & Mohamed Ferid H erelli * Réunis bénévolement durant leurs périodes de vacances et de repos, ces professionnels ont consacré leur temps et leur énergie à analyser la situation, à croiser les données disponibles et à élaborer une feuille de route énergétique 2026-2035 , destinée à contribuer à la prévention d’une nouvelle crise et à donner aux décideurs des outils d’orientation et d’anticipation. Cette démarche mérite un hommage particulier.

Dans une période où les urgences quotidiennes auraient pu justifier l’attentisme ou le repli sur soi, ces 22 experts ont fait le choix de la responsabilité collective. Leur contribution ne se limite pas à un document technique. Elle traduit une conviction essentielle : l’expertise tunisienne, lorsqu’elle se rassemble autour de l’intérêt général, peut apporter des réponses concrètes aux grands défis du pays. Il convient donc de remercier chaleureusement et de rendre hommage à chacun des membres de cette équipe pour cet effort bénévole, mais également pour l’esprit qui l’a animé : celui du service, de la compétence et de la responsabilité. Été 2026 : un signal d’alarme qu’il faut transformer en décision L’analyse réalisée montre que les difficultés rencontrées en 2026 ne peuvent être considérées comme un simple accident conjoncturel. La Tunisie fait face depuis plusieurs années à une marge de sécurité énergétique insuffisante.

⚡ Points clés

  • ▸Il faut désormais passer de l’analyse à l’action, tout en tirant pleinement parti des nouvelles technologies numériques et de l’intelligence artificielle. .Si les décisions sont prises suffisamment tôt, si les investissements sont accélérés, si les projets sont suivis avec rigueur, si le secteur privé est mobilisé dans un cadre transparent, si les consommateurs sont associés à la gestion de la demande et si les procédures de qualité retrouvent toute leur place, l’été 2027 peut être radicalement différent de celui de 2026.
  • ▸Taoufik H alila & Mohamed Ferid H erelli * Réunis bénévolement durant leurs périodes de vacances et de repos, ces professionnels ont consacré leur temps et leur énergie à analyser la situation, à croiser les données disponibles et à élaborer une feuille de route énergétique 2026-2035 , destinée à contribuer à la prévention d’une nouvelle crise et à donner aux décideurs des outils d’orientation et d’anticipation.
  • ▸Mobiliser et encourager davantage le secteur privé dans les investissements énergétiques : la sécurité énergétique de la Tunisie nécessitera des investissements importants que les ressources publiques ne pourront pas toujours financer à elles seules Le secteur privé doit donc être davantage associé aux nouveaux projets de production, de stockage, d’énergies renouvelables et, plus largement, aux infrastructures énergétiques nécessaires au pays.

La forte dépendance de la production électrique au gaz naturel, les contraintes d’approvisionnement, les retards de certains investissements structurants, les limites du réseau électrique et l’évolution continue de la demande constituent autant de facteurs qui rendent le système vulnérable lors des périodes de pointe. Le problème n’est donc pas uniquement de produire davantage d’électricité. Il faut également être capable de prévoir, transporter, distribuer, financer, entretenir et piloter cette énergie avec suffisamment d’anticipation. La crise de 2026 doit ainsi être considérée non comme une fatalité, mais comme un avertissement. Elle nous oblige à passer d’une logique de réaction à une véritable culture de l’anticipation, de la prédiction et de la prévention. Cette culture doit concerner aussi l’ensemble des responsables et des administrateurs des différents secteurs économiques et sociaux du pays, afin que chacun puisse mieux anticiper les risques, prévenir les crises et contribuer à la résilience nationale.

C’est précisément dans cette perspective que la contribution des 22 experts prend toute sa valeur. Mohsen Gharsi, président de l’OIT. Des recommandations qui doivent désormais devenir des décisions La feuille de route proposée ne doit pas rester un document supplémentaire sur les étagères de l’administration. Sa véritable utilité résidera dans sa capacité à se traduire rapidement en décisions, en responsabilités clairement identifiées et en actions mesurables. 1 . Anticiper les situations de tension et communiquer avant les coupures : la gestion de la demande doit devenir un élément essentiel de la politique énergétique. Lorsqu’une situation de tension se profile, il est indispensable d’informer les consommateurs suffisamment tôt. Une communication claire, directe et proactive permettrait notamment de mobiliser les grands consommateurs industriels, sanitaires et commerciaux, afin de les sensibiliser aux mesures à prendre et de favoriser une réduction maîtrisée de leur consommation. Des SMS d’alerte ciblés pourraient être adressés aux grands consommateurs lorsque le système s’approche a une situation critique, en leur demandant temporairement de réduire leur consommation selon des modalités préalablement définies. Cette réduction volontaire ou contractuelle de la demande devrait intervenir avant d’en arriver aux coupures. Il ne s’agit pas de pénaliser les consommateurs, mais de créer une véritable solidarité énergétique et de donner à chacun la possibilité de contribuer à la stabilité du réseau. La communication doit ainsi devenir un véritable outil de gestion du système, et non intervenir uniquement lorsque la crise est déjà installée. 2. Mobiliser et encourager davantage le secteur privé dans les investissements énergétiques : la sécurité énergétique de la Tunisie nécessitera des investissements importants que les ressources publiques ne pourront pas toujours financer à elles seules Le secteur privé doit donc être davantage associé aux nouveaux projets de production, de stockage, d’énergies renouvelables et, plus largement, aux infrastructures énergétiques nécessaires au pays. Cette ouverture doit toutefois s’effectuer dans un cadre rigoureux : conventions transparentes, responsabilités clairement définies, rentabilité raisonnable, mécanismes de contrôle et protection de l’intérêt national. L’objectif n’est pas de transférer la responsabilité du secteur public au secteur privé, mais de créer une complémentarité efficace et rationnelle entre les deux. La Tunisie dispose d’investisseurs, d’entreprises et de compétences capables de participer à cet effort. Encore faut-il leur offrir un cadre stable, lisible et suffisamment attractif pour permettre aux projets de se concrétiser dans les délais prévus. 3. Fixer des délais impératifs et rendre chacun responsable de leur respect : l’expérience des dernières années montre que le retard d’un projet énergétique peut avoir des conséquences considérables sur l’équilibre général du système. Chaque projet stratégique devrait donc être accompagné d’un calendrier précis, réaliste et opposable, depuis les études jusqu’à la mise en service. Tout retard doit être immédiatement identifié, expliqué ; présenté et communiqué aux parties concernées. Lorsqu’un calendrier ne peut plus être respecté, un plan B doit être activé sans attendre que le problème devient critique. La règle est simple : un projet stratégique ne doit jamais être considéré comme acquis tant qu’il n’est pas effectivement réalisé et opérationnel. Cette culture du délai, du suivi et de la responsabilité constitue l’une des conditions essentielles de la crédibilité de toute feuille de route énergétique. 4. Réhabiliter les démarches de management par la qualité : un autre enseignement important doit être tiré de cette crise : la nécessité de revenir aux principes fondamentaux des Systèmes de Management de la Qualité (SMQ). Ces démarches ont malheureusement perdu de leur visibilité au fil des années, alors qu’elles constituent des outils précieux pour maîtriser les processus, documenter les décisions, identifier les risques, corriger les dysfonctionnements et assurer la traçabilité des responsabilités. Dans un secteur aussi stratégique que l’énergie, les procédures ne doivent pas être perçues comme une contrainte administrative. Elles constituent au contraire une barrière de sécurité. Il est donc nécessaire de réhabiliter les procédures, les audits, les indicateurs de performance, les actions correctives et le retour d’expérience. Une organisation qui apprend de ses erreurs est une organisation qui renforce progressivement sa résilience. Investir dans les capacités, mais aussi dans les compétences La question énergétique ne peut pas être réduite aux mégawatts installés. Derrière chaque centrale, chaque ligne électrique, chaque poste de transformation et chaque infrastructure gazière se trouvent des femmes et des hommes capables de concevoir, d’exploiter, de maintenir et de sécuriser ces équipements. Le renouvellement des compétences doit donc être considéré comme un investissement stratégique au même titre que les infrastructures. La Tunisie doit anticiper les départs à la retraite, renforcer la formation spécialisée, attirer de nouveaux talents et organiser le transfert de connaissances entre les générations. La compétence humaine est une capacité de production à part entière. Une trajectoire énergétique qui doit conjuguer réalisme et ambition La Tunisie doit poursuivre le développement des énergies renouvelables et diversifier son bouquet énergétique. Mais cette ambition doit toujours être accompagnée d’une analyse rigoureuse de la capacité du réseau à absorber les nouvelles productions. Le développement des énergies renouvelables (ENR), des capacités de stockage, des interconnexions et des nouvelles capacités de production doit être planifié et mis en œuvre comme un ensemble cohérent et intégré. Il ne suffit pas d’annoncer des capacités supplémentaires : il faut s’assurer qu’elles pourront être raccordées, transportées, équilibrées et exploitées dans les meilleures conditions garantissant la stabilité du système dans sa globalité. Parallèlement, les projets structurants de long terme doivent être préparés dès maintenant afin de ne pas reproduire les retards qui ont contribué à fragiliser le système. La diversification des sources d’énergie doit également être considérée comme un objectif de souveraineté, afin de réduire progressivement les vulnérabilités liées à une trop forte dépendance à une seule source ou à un seul fournisseur. 2027 : transformer l’inquiétude en confiance L’objectif le plus immédiat doit désormais être clairement identifié : préparer l’été 2027 dès maintenant. Il ne faut pas attendre le retour des fortes chaleurs pour commencer à agir. Les capacités disponibles, les besoins prévisionnels, les travaux de maintenance, les projets susceptibles d’être opérationnels, les capacités d’importation, l’état du réseau et les moyens de gestion de la demande doivent faire l’objet d’un suivi régulier et transparent. Un tableau de bord national pourrait permettre de mesurer l’avancement réel des actions prioritaires et d’identifier suffisamment tôt les éventuels écarts. Chaque difficulté doit avoir son scénario alternatif. Chaque projet critique doit avoir un calendrier. Chaque calendrier doit avoir un responsable. Et chaque risque identifié doit faire l’objet d’une mesure préventive. C’est à ce prix que la Tunisie pourra retrouver progressivement une marge de sécurité suffisante. Un hommage qui doit devenir un engagement collectif Le travail réalisé bénévolement par les 22 ingénieurs experts de l’OIT constitue finalement bien plus qu’une contribution technique. Il porte un message clair : Ce message est celui d’une Tunisie qui possède encore les compétences, l’expérience et les femmes et les hommes capables de relever ses grands défis, à condition de savoir les écouter, les mobiliser et transformer leur expertise en décisions. Ces 22 experts ont consacré leurs vacances et leur temps de repos à une cause qui dépasse leurs intérêts personnels : contribuer à éviter que les difficultés de l’été 2026 ne se reproduisent. À leur travail doit maintenant répondre une mobilisation institutionnelle à la hauteur de l’enjeu. Pour que l’été 2027 soit celui de la maîtrise et non celui de la crainte L’été 2026 doit rester dans notre mémoire non pas comme le symbole d’un échec définitif, mais comme le moment où la Tunisie a pris pleinement conscience de la nécessité de changer de méthode. Nous disposons aujourd’hui des enseignements tirés de la crise, des analyses des experts et d’une feuille de route permettant de mieux identifier les priorités. Il faut désormais passer de l’analyse à l’action, tout en tirant pleinement parti des nouvelles technologies numériques et de l’intelligence artificielle. .Si les décisions sont prises suffisamment tôt, si les investissements sont accélérés, si les projets sont suivis avec rigueur, si le secteur privé est mobilisé dans un cadre transparent, si les consommateurs sont associés à la gestion de la demande et si les procédures de qualité retrouvent toute leur place, l’été 2027 peut être radicalement différent de celui de 2026. Il ne s’agit pas de promettre qu’aucune difficulté ne surviendra. Il s’agit de faire en sorte que, lorsque la difficulté se présente, nous soyons prêts à y répondre avant qu’elle ne devienne une crise. Et c’est aussi le meilleur hommage que nous puissions leur rendre : faire de leur travail bénévole le point de départ d’une nouvelle culture énergétique fondée sur l’anticipation, la responsabilité, la transparence et l’action. C’est également l’occasion de prendre acte du fait que cette initiative, portée sous l’égide de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, pourrait constituer un modèle et une source d’inspiration pour accompagner et soutenir d’autres secteurs et activités économiques du pays. * Conseillers du Doyen de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT) .

Analyse de la Rédaction : Enjeux et perspectives

La question de la relance économique et de l'attractivité des investissements reste au centre des débats. Les mesures évoquées dans cette dynamique pourraient influencer le pouvoir d'achat, le climat des affaires et la coopération avec les partenaires financiers régionaux et internationaux.

Dans un contexte financier marqué par des défis d'approvisionnement et d'équilibre budgétaire, cette actualité revêt une importance capitale pour les ménages et les entrepreneurs tunisiens. Les analystes économiques s'accordent à souligner les répercussions potentielles sur le cours du dinar, l'inflation et la balance commerciale. Les chefs d'entreprise et investisseurs attendent des signaux clairs pour orienter leurs décisions stratégiques.

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